Soumises à diverses pressions anthropiques, les chauves-souris guadeloupéennes sont notamment menacées par le développement de l’éolien. Les éoliennes en exploitation constituent un risque de mortalité, en cas de collision et phénomène de barotraumatisme entre les chauves-souris en vol et les pales en mouvement. Aujourd’hui, il est difficile d’évaluer l’impact d’un projet éolien, en raison d’un manque de connaissances quant à la sensibilité aux risques de collision pour certaines espèces de chiroptères, en particulier les espèces omnivores, frugivores ou nectarivores, mais également pour les espèces peu connues et très vulnérables. Ciblées sur 4 espèces prioritaires (Sérotine de la Guadeloupe, Monophylle des Petites Antilles, Artibé de la Jamaïque, Ardops des Petites Antilles) et basée sur une méthode de suivi GPS et radiopistage VHF, cette étude a permis d’étudier le comportement de vol et les zones d’activités de 3 espèces (Sérotine de la Guadeloupe, Chiroderme de la Guadeloupe, Artibé de la Jamaïque). Les suivis ont mis en évidence les boisements voire les ravines forestières, comme siège de gîtes diurnes, et les espaces agricoles et urbanisés du littoral, comme zones d’activité récurrentes, notamment pour les espèces frugivores attirées par des arbres fruitiers parfois isolés. Ce contexte implique des trajectoires de transit concentrées au niveau des rivières et lisières de ravine, mais aussi ponctuellement en milieu ouvert cultivés. Pour les quelques individus suivis, le risque de collision éolien semblerait se présenter principalement lors de vols de transit, pour des déplacements depuis et vers le gîte diurne ou entre des zones d’alimentation. Cette étude propose alors des pistes de réflexion lors d’implantation de parcs éoliens, notamment en lien avec le contexte paysager, la présence d’essences végétales chiroptérophiles et le gabarit des éoliennes.
Analyse des déplacements par radiopistage et GPS face aux enjeux éoliens
- Thurow Alix
- Beucher Yannick
- Angin Baptiste
